Ecole de la rénovatin Urbaine - Voyages d'études - Berlin
Conférences

Rôle et place des habitants dans le projet

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Rôle et place des habitantsdans le projet

A Berlin, la concertation locale est au cœur du processus de développement de la ville. Dans les quartiers en rénovation, la constitution de comités de quartier est obligatoire. Ces comités de quartier réunissent les personnes concernées par la réhabilitation : propriétaires, locataires, mais aussi commerçants, entrepreneurs et employés du quartier…. Dans tous les projets d’aménagement, la population doit être informée sur les plans, les avant-projets, le cadre financier des opérations…

Mais le rôle que jouent les habitants dans la fabrique de la ville ne s’arrête pas aux limites de ces dispositifs réglementaires. Les référendums d’initiative populaire possibles sur les grands projets, la consultation assez systématique des locataires dans les opérations de réhabilitation, la capacité des Berlinois à s’autosaisir des sujets, à se mobiliser en collectif et à faire preuve d’initiative font également partie de la culture et de la pratique participative berlinoise.

Zoom sur la consultation des habitants lors de la réhabilitation des grands ensembles

Au moment de la réunification, la question de la réhabilitation des grands ensembles de la partie est de Berlin s’est posée. Ce n’était pas une question anecdotique : elle concernait 270 000 logements, dont 42 300 à Hellersdorf par exemple. Et les enjeux étaient considérables. Comment agir pour transformer ces grands ensembles ? Comment maîtriser les coûts de rénovation ? Et surtout : comment y maintenir la mixité sociale qui y existait, alors que les foyers les plus favorisés pouvaient désormais profiter de nouvelles perspectives de logement ailleurs ? La réhabilitation comme facteur de stabilisation sociale…

Ralf Protz, responsable du réseau de compétences sur les grands ensembles à Berlin, raconte aujourd’hui à quel point l’analyse des besoins et les discussions avec les habitants ont été déterminantes pour définir les stratégies de réhabilitation de ces grands ensembles. « Hellersdorf, en 1990, était encore la plus grande opération de construction de logements à Berlin. Les gens vivaient dans un vaste chantier. Lorsque nous avons interrogé les habitants, ils ont massivement déploré l’absence d’espaces verts. Ce fut la base du programme de réaménagement des six années suivantes. Nous avons planté 50 000 arbres et aménagé 600 aires de jeux à Hellersdorf ! ».

Toute la démarche de réhabilitation des grands ensembles est sous-tendue par des diagnostics (quel est le déficit mais aussi le potentiel urbain de ces quartiers ?), des recensements (qui sont les gens qui vivent là ? comment leur situation évolue-t-elle ?) et des allers retours entre les locataires et les bailleurs sur les besoins, les attentes de ceux qui vivent dans le quartier. « Tous les deux ans, nous lançons une enquête auprès des habitants. Elle comporte 300 questions et nécessite 2 heures et demie pour la remplir. Et pourtant nous avons un taux de retour de plus 50 % ! Les gens savent que leurs réponses constituent la base concrète du programme de développement du quartier. Et lorsque nous présentons les mesures de réhabilitation, elles sont alors approuvées à hauteur de 95 % ».

L’impact des initiatives citoyennes : le cas du projet « Tempelhof »

Quelques semaines avant le voyage d’études, un référendum citoyen avait mis un terme à un des projets d’aménagement les plus emblématiques de Berlin, celui de l’ancien aéroport de Tempelhof. L’idée était de construire, en limite de ce qui est devenu un temple du loisir de plein air berlinois, un ensemble de près de 5 000 logements, une grande bibliothèque et des terrains de sport. Une association citoyenne a milité contre ce projet, et réussit à déclencher un référendum en recueillant plus de 185 000 signatures. Et, par référendum, en mai 2014, les Berlinois se sont majoritairement prononcés contre le projet.

Tous les acteurs berlinois que nous avons rencontrés ou presque nous en ont parlé. Mais aucun n’a remis en question l’idée même de consulter, de donner le dernier mot aux habitants, même sur des projets stratégiques.

Au contraire, Jorgen Hücke, par exemple, reconnaissait des erreurs de « communication » de la part des porteurs de projet. « Nous étions tellement convaincus de l’intérêt du projet que nous avons communiqué de manière trop technique, trop experte… Or, au vu de l’attachement des Berlinois à ce lieu, nous aurions dû parler au cœur des gens.  » Et assume le risque : « Nous prenons acte de la décision des Berlinois. Notre crainte, c’est l’effet domino… Que d’autres citoyens se mobilisent contre d’autres projets de développement. Nous devons communiquer plus en amont sur ces projets, faire comprendre leur intérêt : il s’agit bien de permettre à tous de se loger, et d’encourager le développement de notre ville. » 


Lire, ou voir les reportages des médias français sur ce sujet

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« PROJET IMMOBILIER SUR

L’AEROPORT DE TEMPELHOF »



logo-lesinrocks-250

« TEMPELHOF : LES BERLINOIS VOTENT
CONTRE LE REAMENAGEMENT DE LEUR
AEROPORT DESAFFECTE »



GPMagazine-logo-250

« LES BERLINOIS ONT AUSSI VOTE CE WEEK-END –
POUR PROTEGER LE PARC DE TEMPELHOF »