Les dimensions sociales d’un projet urbain (m 8.1)

Plusieurs indicateurs témoignent de l’ampleur des problématiques sociales dans les quartiers prioritaires. Deux fois plus d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté y résident. Les difficultés d’accès à la santé, de recours aux prestations et aux dispositifs de droit commun, de parentalité, d’accès à la pratique sportive ou à la culture sont connues et identifiées. Mais avant d’appréhender les effets de la relégation sociale et urbaine dans les quartiers, il est important d’en comprendre les mécanismes profonds, souvent inscrits dans le temps long. Aborder la question des effets croisés relégation urbaine/ relégation sociale n’est pas simple. S’il y a consensus sur un certain nombre de difficultés d’ordre social, urbain ou sécuritaire, la complexité des dynamiques urbaines et sociales ne doit pas être minorée et les quartiers prioritaires de la politique de la ville et leurs habitants ne sauraient être vus uniquement sous le prisme de la relégation. Les quartiers prioritaires jouent encore pour une partie des habitants, un rôle de «dynamo sociale », qu’il convient de ne pas ignorer. Or, la politique de la ville oscille, depuis ses origines, oscille entre les pôles social, économique et urbain. Si l’on considère, à la suite de Pierre-Noël Denieul, que « le développement social se construit de manière très ciblée autour d’un groupe issu d’une population identifiée par des besoins et par une demande, ou autour d’une communauté d’action ou de voisinage spatialement circonscrite », ce n’est donc pas seulement une démarche qui permet une amélioration du « bien-être » et du vivre-ensemble, mais il contribue aussi directement à redynamiser les territoires en s’appuyant sur les ressources de l’environnement. Dans cette optique, il doit s’appuyer sur la participation de toutes et tous, sur les complémentarités existantes. Tout l’enjeu de la formation résidera dans la capacité à restituer et rendre intelligible le niveau d’enchevêtrement entre relégations sociale et urbaine, mais aussi les nuances qu’il est important d’apporter à l’ampleur des relégations, en fonction des territoires.

Les objectifs de la formation

  • Identifier les liens entre la restructuration urbaine et la lutte contre la ségrégation socio-spatiale
  • Mettre le projet urbain au service des enjeux sociaux et de cohésion sociale territoriale
  • Comprendre la diversité des enjeux et objets sociaux : occupation sociale, santé, scolaire, éducation, emploi, insertion, sûreté, etc
  • Connaître par l’intervention urbaine les leviers possibles pour agir sur ces phénomènes

Enseignants

Saïd Bechrouri, expert en politique de la ville, Copas

Marie Peretti-Ndyae, Sociologue-ethnologue, Copas

Dates de la formation

28 et 29 octobre en présentiel à Aubervilliers / Post-formation le 26 novembre de 9h30 à 12h30 sur ZOOM

Programme et bulletin d’inscription

Télécharger le programme détaillé de la formation
Bulletin d’inscription formation inter-acteurs 2021