Coproduire la sécurité en ville : le triple enjeu de la conception, l’animation et la gestion (m 3.11)

Les questions de sûreté sont devenues assez prégnantes pour les acteurs de la ville ou de l’habitat, et par extension pour ceux du renouvellement urbain. Le double phénomène de diffusion des problématiques d’intranquillité et par ailleurs d’enracinement de troubles graves de tranquillité publique dans nombre de quartiers, entraînent une forte (et confuse) demande sociale de sécurité. Ainsi le risque émerge, à travers les réponses appelées, d’adopter des postures dures nourries des situations les plus critiques, qui engourdissent souvent les acteurs publics, au détriment d’une majorité de situations pour lesquelles des réponses plus souples sont encore largement « praticables ».

Certaines configurations spatiales ou ambiances urbaines ou résidentielles, des déficits de gestion ou d’animation contribuent d’évidence à l’installation de stratégies délinquantes ou au déploiement d’incivilités et de détournements d’usages tout autant qu’à des replis, évitements ou abandons des usagers en réponse au caractère anxiogène des lieux. Si la démonstration du lien entre Espace et Sécurité n’est plus à faire, ce lien reste encore très inspiré de la figure de la Protection (conception de la forteresse développée dans l’urbanisme des stades, des aéroports, des équipements publics sensibles, des centres commerciaux…) et par la question de l’Ouverture-Fermeture, et à travers ces deux éléments une fausse croyance que Protéger c’est Sécuriser.  Tous les acteurs de la sécurité, de l’urbain, de l’habitat mesurent bien l’erreur de lecture !

Si la logique de protection se comprend pour un bon nombre d’espaces fermés, notamment ceux à risques identifiés ci-avant, l’extension de cette seule logique à des espaces ouverts (urbanisme défensif) est bien plus délicate ou contre-productive. En effet, réunir les conditions d’une dynamique vertueuse de sécurité dans des espaces urbains ou résidentiels suppose un autre pari, celui de l’urbanité, de l’animation, du confort d’usages donc des aménités et de la qualité des ambiances, mais aussi de l’exigence de gestion. La formation vise également à explorer le triple enjeu de la Conception, de l’Animation et de la Gestion des espaces pour concilier toujours plus Urbanité et sécurité et ne surtout pas dissocier Qualité et Sûreté des espaces urbains dans les réponses élaborées.

Par ailleurs au-delà du « spatial », des démarches intéressantes existent pour faire face aux situations rencontrées.
Des bailleurs (ou groupements de bailleurs) se dotent de plans stratégiques pour définir des postures collectives, renégocier des partenariats opérationnels ou s’engager sur les terrains de la médiation.
Des collectivités initient des démarches nouvelles de coproduction de la sécurité, investissent des sujets émergents tels ceux du genre dans l’espace public ou de la radicalisation ou revisitent les cadres de la prévention de la délinquance ou les partenariats locaux de sécurité… Bref chacun tâtonne ou s’organise pour retrouver sa capacité à peser sur les situations ou construire les progrès collectifs indispensables!

Les objectifs du module

  • Anticiper les enjeux de sécurité dans les productions urbaines et architecturales et notamment celles issues des théories de la prévention situationnelle
  • En terme de programmation urbaine, mesurer les usages, les potentiels des lieux afin de ne pas se limiter à des réponses uniquement défensives
  • Dans le processus du projet urbain, apprendre à faire converger les différentes stratégies d’acteurs
  • Valoriser les différentes initiatives partenariales agissant dans ce domaine

Enseignant

Eric Amanou, socio-urbaniste spécialiste des grands ensembles, La condition Urbaine

Dates de la formation

Les 16 et 17 novembre 2020

Programme et bulletin d’inscription

Télécharger le programme détaillée de la formation
Bulletin d’inscription formation inter-acteurs 2020